Continuité de l'activité

Qu’est-ce que le BIA ? Son importance pour la continuité d’activité

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Qu’est-ce que le Business Impact Analysis (BIA) ?

L’acronyme BIA correspond à Business Impact Analysis, que l’on traduit en français par bilan d’impact sur l’activité (ou analyse d’impact sur l’activité).

Le BIA fait partie des activités d’un système de management de la continuité d’activité (SMCA). L’ISO 22301:2019 le définit, au paragraphe 3.5 (« Termes et définitions »), comme le processus d’analyse de l’impact d’une perturbation sur l’organisation au fil du temps.

Un BIA analyse les processus métier de l’organisation pour connaître l’impact que produirait un incident qui les interromprait. L’objectif est d’identifier les processus les plus critiques pour l’entreprise.

La continuité d’activité doit se concentrer sur les processus pour lesquels la disponibilité est vitale, c’est-à-dire ceux dont l’interruption pourrait avoir pour l’organisation un impact inacceptable en peu de temps.

Par exemple, le site web d’un vendeur en ligne, qui doit fonctionner 24 h/24 et 7 j/7, n’a pas la même criticité que le service marketing et publicité d’un fabricant de boissons, dont la production de résultats n’est pas continue.

Le BIA porte sur tous les processus de l’entreprise et suit une méthode commune, de façon à pouvoir comparer les résultats et classer les processus par criticité.

Comment réaliser un BIA ?

Il n’existe pas de méthode unique valable pour toutes les organisations : chacune doit définir la sienne.

Il faut tenir compte des différents types d’impact que peut provoquer l’interruption d’un processus. En voici quelques-uns :

  • Impact opérationnel : il empêche d’obtenir le produit ou le résultat du service auquel appartient le processus.
  • Impact financier : coûts supplémentaires, pertes de revenus, pénalités, etc.
  • Impact sur la réputation : dégradation de l’image de marque faute de pouvoir servir normalement les clients.
  • Impact juridique et contractuel : en interrompant un processus donné, l’organisation peut manquer à une exigence légale ou contractuelle, avec des conséquences graves.

Chaque organisation doit fixer les impacts à prendre en compte, ainsi que la manière et les critères de leur évaluation.

Le facteur suivant est le temps. On utilise généralement une échelle de temps pour comparer l’impact sur différentes durées d’interruption. Un processus peut avoir un impact élevé dès la première minute, comme la boutique en ligne citée plus haut, alors que d’autres n’atteindront un impact élevé qu’au bout d’un certain temps, 24 heures voire plusieurs jours.

L’échelle de temps doit elle aussi être définie par chaque organisation. Elle peut comporter plus ou moins de jalons selon le type d’activité.

Les processus qui ont le plus d’impact dans le délai d’interruption le plus court sont les plus critiques pour l’organisation. C’est le résultat que doit produire le BIA. Le tableau suivant montre ce que cela donne dans une entreprise de distribution fictive.

Processus4 h24 h72 h1 semaineRTORPO
Vente en ligneCritiqueCritiqueCritiqueCritique2 h15 min
FacturationMoyenCritiqueCritiqueCritique8 h4 h
Logistique et expéditionsMoyenÉlevéCritiqueCritique24 h24 h
PaieFaibleFaibleMoyenÉlevé72 h24 h
MarketingFaibleFaibleFaibleMoyen1 semaine1 semaine
Exemple fictif de résultats d'un BIA dans une entreprise de distribution avec boutique en ligne.

RTO, RPO et MTPD : les délais qui découlent du BIA

En plus de classer les processus par criticité, le BIA sert à fixer les délais à partir desquels on conçoit ensuite la reprise. L’ISO 22301:2019 utilise les suivants :

  • MTPD (période maximale d’interruption tolérable) : le délai au-delà duquel l’impact de ne pas fournir un produit, un service ou une activité devient inacceptable pour l’organisation.
  • RTO (Recovery Time Objective, délai de reprise) : le délai dans lequel l’organisation s’engage à reprendre l’activité après l’interruption. Il doit être inférieur à la MTPD, pour qu’un retard de reprise ne conduise pas directement à un impact inacceptable.
  • RPO (Recovery Point Objective, perte de données maximale admissible) : le point jusqu’auquel il faut pouvoir restaurer les informations utilisées par l’activité, autrement dit la quantité de données (mesurée en temps) que l’on peut perdre. Dans la pratique, il fixe la fréquence des sauvegardes ou de la réplication.
  • MBCO (objectif minimal de continuité d’activité) : le niveau de service minimal que l’organisation juge acceptable pendant l’interruption. Au moment du RTO, il suffit d’atteindre ce minimum ; le retour à 100 % peut venir ensuite.
Impact d'une interruption dans le temps avec RPO, RTO et MTPDL'impact du processus de facturation augmente dès l'interruption et atteint le seuil inacceptable au bout de 24 heures, qui est sa MTPD. Le RTO est fixé à 8 heures, avant ce seuil, et le RPO à 4 heures de données.Reprendre iciMargeImpact inacceptableSeuil inacceptableInterruption-4 h04 h8 h24 h48 h72 hImpact cumuléRPO 4 hRTO 8 hMTPD 24 hTemps depuis l'interruption
Exemple du processus de facturation : le RTO doit se situer avant que l'impact devienne inacceptable.

Ce sont ces délais qui orientent ensuite les stratégies et les plans de reprise. Pour réaliser l’analyse, il existe en outre un guide spécifique, l’ISO/TS 22317, qui donne des lignes directrices pour le bilan d’impact sur l’activité.

Qui réalise le BIA ?

Le responsable de la continuité d’activité de l’organisation définit la méthode à utiliser. Elle doit être validée et approuvée par l’instance désignée dans l’organisation comme autorité suprême en matière de continuité d’activité. Il s’agit généralement d’un comité où sont représentés les principaux services et la direction, pour lui donner le poids et la légitimité nécessaires.

Une fois la méthode définie et les processus identifiés, il faut faire participer les services concernés pour recueillir les données ou procéder aux évaluations. Ce sont les services qui exécutent les processus qui connaissent dans le détail les conséquences d’une interruption.

Le résultat du BIA doit être validé et partagé par la direction de l’organisation ou par le comité ou l’instance compétente.

Le BIA en 2026 : norme en vigueur et réglementation

La norme de référence pour la continuité d’activité reste l’ISO 22301:2019, qui est l’édition en vigueur. Le bilan d’impact sur l’activité figure à son paragraphe 8.2, avec l’appréciation des risques.

Ce qui a le plus changé, c’est la pression réglementaire. Dans le secteur financier européen, le règlement (UE) 2022/2554, DORA, applicable depuis le 17 janvier 2025, demande aux entités une analyse d’impact sur l’activité de leur exposition aux perturbations graves, dans le cadre de leur politique de continuité des TIC (article 11). Un BIA réalisé selon l’ISO 22301 couvre une bonne partie de ce travail et sert de point de départ pour les deux.

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