La publication des nouvelles normes européennes pour le reporting extra-financier, connues sous le nom d’ESRS (European Sustainability Reporting Standards), a marqué une étape importante sur la voie d’une économie et d’une société plus durables et plus transparentes. Ces nouvelles normes visent à établir un cadre commun et obligatoire permettant aux entreprises de rendre compte de leurs performances environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) et de se conformer à leurs nouvelles obligations de reporting non financier conformément à la nouvelle directive européenne sur la publication d’informations en matière de durabilité (CSRD).
Qu’est-ce que l’ESRS et pourquoi est-il important ?
L’ESRS est un ensemble d’exigences de reporting détaillées que les entreprises doivent divulguer sur leur performance et leurs impacts ESG. Ces normes visent à :
- Une plus grande transparence : Les entreprises devront rendre compte de manière claire et concise de leurs pratiques durables, ce qui permettra aux investisseurs, aux consommateurs et aux autres parties prenantes de prendre plus facilement des décisions plus éclairées.
- Améliorer la comparabilité : En établissant un langage commun et en normalisant les indicateurs, l’ESRS vous permet de comparer les performances en matière de durabilité de différentes entreprises.
- Accroître la responsabilité des entreprises : les entreprises incluses dans le champ d’application de ces normes devront être plus responsables en ce qui concerne leur performance et leurs impacts ESG, ce qui les incitera à adopter des pratiques plus durables.
- Promouvoir la contribution aux objectifs de développement durable (ODD) : Les ESRS contribuent à tous les ODD, en promouvant un développement économique plus inclusif et durable.
Obligation de déclaration en vertu de l’ESRS
Toutes les entreprises soumises à la directive sur la publication d’informations en matière de durabilité ou CSRD seront tenues d’établir leurs rapports de durabilité conformément aux normes européennes de publication d’informations en matière de durabilité (ESRS).
Les ESRS imposent aux entreprises des obligations de reporting spécifiques, qui varient en fonction de la taille et du secteur d’activité. L’application de la présente directive, et donc du RSE, s’échelonne comme suit :
- En 2025 d’ici 2024 : les grandes entreprises de plus de 500 salariés déjà soumises à l’ancienne NFRD commenceront à rendre compte.
- En 2026 d’ici l’exercice 2025 : les grandes entreprises non soumises à la NFRD qui répondent à deux des trois critères suivants commenceront à publier leur déclaration : 250 salariés, 40 M€ de chiffre d’affaires net ou 20 M€ au bilan.
- En 2027 d’ici 2026 : elles commenceront à déclarer au bilan les petites et moyennes entreprises (PME) cotées qui répondent à deux des trois critères suivants : entre 10 et 250 salariés, entre 700 mille et 40 millions d’euros de chiffre d’affaires net, entre 350 mille et 20 millions d’euros.
En 2029, d’ici l’exercice 2028 : les entreprises non européennes dont le chiffre d’affaires net est de 150 millions d’euros et dont au moins une filiale ou succursale dans l’UE dépasse certains seuils d’activité commenceront à produire des déclarations.
Contenu de l’ESRS
Analyse de matérialité ou de double matérialité
Tout d’abord, il convient de noter que ces normes exigent des organisations qu’elles effectuent ce que l’on appelle l’analyse de matérialité (ou double matérialité), dans laquelle l’entreprise doit hiérarchiser les questions de durabilité en fonction de leur impact sur l’entreprise, ses parties prenantes et son impact financier sur l’entreprise. À cette fin, une série d’exigences ou de recommandations sont établies, permettant aux entités assujetties de choisir la méthodologie la mieux adaptée à leur situation spécifique.
En ce sens, l’ESRS établit une liste de questions à analyser, qui doit être complétée par autant de questions importantes que l’entreprise en question le juge approprié. De même, l’entreprise doit s’efforcer d’identifier tous ses groupes d’intérêts ou parties prenantes. Après cette identification, chaque partie prenante doit être consultée pour évaluer l’impact de chaque problème important énuméré. De même, l’entreprise (généralement des partenaires et des investisseurs) devra évaluer l’impact que chaque question de durabilité répertoriée peut avoir sur les résultats financiers de l’organisation. De cette façon, on obtient une double matrice de matérialité, ce qui permet de hiérarchiser les questions d’importance relative plus grande, c’est-à-dire les questions qui nécessiteront un plus grand développement et une plus grande place dans le rapport de durabilité.
Normes transversales et normes thématiques
Les ESRS sont divisés en différents blocs, au sein desquels nous pouvons différencier les blocs transversaux (applicables à toutes les questions de durabilité à rapporter) et les blocs thématiques (applicables aux questions de durabilité liées à certaines questions environnementales, sociales et de gouvernance). L’ensemble des blocs transversaux et thématiques sont présentés ci-dessous :
Blocs de tronçonnage ou exigences générales :
- ESRS 1 : Exigences générales.
- ESRS 2 : Informations générales.
Blocs thématiques
Environnement:
- ESRS E1 : Climat.
- ESRS E2 : Contamination.
- ESRS E3 : Eau et ressources marines.
- ESRS E4 : Biodiversité et écosystèmes.
- ESRS E5 : Utilisation des ressources et économie circulaire.
Social:
- ESRS S1 : Main-d’œuvre propre.
- ESRS S2 : Travailleurs dans la chaîne de valeur.
- ESRS S3 : Communautés touchées.
- ESRS S4 : Consommateurs et utilisateurs finaux.
Gouvernance:
- ESRS G1 : Conduite des affaires.
Au sein de chaque bloc, les normes imposent la collecte et la divulgation d’informations sur les impacts de l’organisation tout au long de la chaîne de valeur (de l’extraction des matières premières à la fin de vie des produits, par exemple), ainsi que des plans et stratégies pour faire face aux risques et opportunités associés et sur des indicateurs quantitatifs et qualitatifs, combinant des données numériques et des descriptions narratives de la performance de l’entreprise pour chaque problème de durabilité signalé. Par conséquent, nous pouvons conclure que chaque bloc de normes nécessite des informations à trois niveaux :
- Résultats de l’analyse de matérialité et de l’analyse des risques, opportunités et incidents.
- Conception et mise en œuvre de politiques, d’objectifs, de plans d’actions et d’allocation des ressources pour gérer les résultats obtenus.
- Suivi et efficacité de ces actions, sur la base d’indicateurs qualitatifs, quantitatifs et descriptifs spécifiques.
Comment pouvons-nous vous aider à vous conformer à l’ESRS ?
Les ESR présentent à la fois des défis et des opportunités pour les entreprises. D’une part, les entreprises doivent s’adapter à ces nouvelles exigences et investir dans la technologie et le personnel, que ce soit en interne ou en externe, pour être en mesure de gérer la complexité croissante des rapports de durabilité. D’autre part, l’adaptation aux nouvelles normes fournit aux entreprises une vision détaillée de leurs performances environnementales, sociales et de gouvernance, facilitant l’identification des risques et des opportunités à cet égard. En outre, un rapport complet sur le développement durable peut conduire à une différenciation concurrentielle, à améliorer la réputation et à augmenter la capacité d’attirer de nouveaux investisseurs, partenaires ou clients.
Pour se préparer à la mise en œuvre de l’ESRS, les entreprises devront :
- Faites une évaluation de votre situation actuelle : Identifier les lacunes ESG existantes et établir un plan d’action pour l’améliorer.
- Former le personnel et le former aux nouvelles exigences et aux nouvelles méthodologies de reporting ESG.
- Investissez dans des outils et des logiciels pour collecter, analyser et gérer de manière automatisée la grande quantité d’informations qui doivent être travaillées pour configurer le rapport de durabilité.
- Collaborer avec des experts, en cherchant des conseils auprès de consultants spécialisés en durabilité pour garantir la conformité aux normes.
Grâce à notre outil GlobalSuite®, vous serez en mesure d’automatiser les processus dans plusieurs aspects cruciaux :
- Permettre la collecte d’informations liées au contenu de l’ESRS de manière agile, simple et organisée.
- Réalisation de l’analyse de matérialité ou de matérialité.
- Aider à la gestion efficace de ce processus, en simplifiant le processus de valorisation des questions de double matérialité ou de matérialité par l’entreprise et ses parties prenantes. De plus, une fois cette analyse effectuée, GlobalSuite® créera une carte de matérialité qui reflète l’importance relative des sujets évalués.
- Faciliter la réalisation de l’analyse des risques et des opportunités, ainsi que la conception et la gestion des contrôles ESG.
- Générer des plans d’actions et leur suivi à travers des indicateurs et des métriques de durabilité.
Planifiez un appel individuel avec nos experts pour découvrir comment nos solutions peuvent être adaptées aux besoins spécifiques de votre organisation et garantir la conformité ESRS.